Le triomphe des animaux de compagnie : phénomène de société ou symptôme d'une crise familiale plus profonde ?
15 mai 2026 – journée internationale des familles
Alors que la natalité recule fortement, l’animal de compagnie occupe une place toujours plus centrale dans nos vies affectives, sociales et économiques. A l’occasion de la journée internationale des familles du vendredi 15 mai, nous publions une note de décryptage sur les enjeux du triomphe des animaux de compagnie.
Quelques chiffres clés
- Paris compte désormais plus de chiens (300 000) que d’enfants de moins de 14 ans (274 281) ;
- 43 % des 25-34 ans considèrent leur animal de compagnie comme leur “enfant” ;
- Le marché des animaux de compagnie (qui pèse 7 milliards en France, en croissance de 48% depuis 10 ans) dépasse celui de l’univers du bébé (qui pèse 4,5 milliards d’€, avec une baisse estimée à -5,2 % entre 2024 et 2025) ;
- 1/3 jeunes adultes de 18-24 ans vit avec un animal de compagnie alors que seulement 1 à 3% seraient parents (contre 5 à 7% au début des années 2000, soit une proportion divisée par 3 en 20 ans) ;
- En Corée du Sud (où l’indice de fécondité est le plus bas au monde avec 0,72 enfant/femme), les ventes de poussettes pour animaux dépassent celles destinées aux bébés.
Sans caricature ni opposition simpliste entre l’enfant et l’animal, cette note interroge une transformation profonde de notre société. Que révèle l’essor du “pet parenting” de notre rapport au couple, à la parentalité et à l’engagement ?
Notre société deviendrait-elle plus pets-friendly que kids-friendly, dans un contexte où de nombreux jeunes adultes hésitent désormais à avoir des enfants ?
Le véritable sujet n’est pas une supposée concurrence entre l’enfant et l’animal, mais ce que le succès contemporain de l’animal de compagnie révèle des difficultés croissantes à se projeter dans une vie familiale.
La note formule également plusieurs propositions concrètes pour soutenir la parentalité, lutter contre l’hyper-anthropomorphisation des animaux de compagnie et repenser des politiques publiques davantage “family friendly”.